Je me lève tranquille et prends un bon petit-dej’ (c’est important de prendre une bonne collation avant l’aventure ! Surtout à mon âge.)
Tout à coup, la porte s’ouvre sur le Duc Morgus Montanera. Il cherche à voir Kali de toute urgence. Je l’invite à s’assoir, finis mon repas puis m’en vais quérir mon camarade nain. À peine arrivé dans l’escalier, je le croise accompagné de Ragnarok.
Nous rejoignons Morgus qui exige que Kali rembourse les dégâts occasionnés à l’étal du marchand pour une somme démesurée.
Kali argumente avec tout le talent qu’on lui connait ! Encore heureux que le montant n’augmente pas. Il ne pourra participer à la Sentence des Voies qu’après sa dette payée !
N’ayant pas un sous en poche, le Duc lui conseille de participer à une épreuve organisée par la ville qui lui rapportera moult pièces d’or.
Nous sommes alors approchés par un nain guerrier affable du nom de Vlandantag (fils de Pudelag, cousin de Pither Cantrop) qui propose à Kali son aide pécuniaire (sainte solidarité naine) afin de payer l’entrée au concours.
Fort de la somme, Kali s’inscrit au Koh Lanta local qui consiste à parcourir des ponts de cordes dans un temps restreint.
Kali s’élance, s’accroche, et finit par ce vautrer dans les cordages, les tigres en dessous voyant déjà un amuse gueule en conserve !
Mais voici que notre seul et unique apôtre d’Umlu se rétablit et réussit l’épreuve dans les 30 secondes imparties. Il empoche donc les 1100 pièces d’or promises après un minimum de calcul mental car le margoulin local, fidèle à la philosophie de la cité marchande, tente de l’entuber !
Retour à l’auberge où nous retrouvons le groupe Malator et son fils, Rhâvi Shandar, Karousco. Nous nous préparons au départ vers les lieux de l’épreuve.
La Sentence des Voies débute par un voyage dans le chariot bâché, hermétiquement fermé, l’intérieur décoré de runes luminescentes et embaumé par la présence de Rhâvi. En effet cet halfelin nous fait profiter de son caractère joyeux, de son odeur épicée et des nombreuses bestioles qu’il abrite, au grand plaisir de Ragnarok !
La température est agréable et contraste fortement avec le froid qui nous percute lorsque les tentures s’ouvrent enfin.
Le paysage est une vallée encaissée aux teintes ocre-jaune (soufre).
Nous sommes conviés autour de brasero pour le début de l’épreuve qui consiste à se défoncer au Khayolt, et je me dis que la vie d’aventurier est drôlement plus bat’ que celle de notable !
Nous réagissons tous différemment au produit local. Perso c’est la béatitude quand d’autres connaissent le bad trip version parano !
A tel point que tout à coup, Kali se lève comme un seul homme (pour un nain c’est pas mal) et fout un putain de coup d’épée à Ilfémir qui pour la peine se retrouve défoncé au sens propre comme au figuré.
Puis l’effet retombe (merde !!), sans bad trip et lentement pour moi, et nous avons acquis le Sens des Vents.
Nous passons à l’épreuve du pilotage des hippogriffes. Ragnarok grimpe avec prestance sur l’animal et nous donne une belle démonstration jusqu’au moment où... la bête affiche un refus et notre ami manque de se vautrer.
Escartille réussit avec brio. Je me lance déjà convaincu que se sera rapide et ça ne manque pas dès le décollage raté.
Au tour de Vlandantag qui manque de se prendre une arche de pierre dans la gueule. Kali s’essaye et est à deux doigts de tester le vol libre. Ilfémir tente le coup mais ses robes de magicien elfique doivent le gêner, c’est l’échec !
De leur côté, Malator et Ravi terminent l’épreuve.
Maintenant, c’est l’heure du ramassage du Khayolt dans les cavernes des montagnes. Fan’ Goriah nous met en garde sur la possible mais peu probable rencontre avec des mantes-obscures pendant notre cueillette.
Nous décidons de nous séparer en petits groupes afin d’optimiser nos chances de ramasser 10 botes de cailloux hallucinogènes dans le temps le plus court.
Je fais équipe avec Escartille. Ragnarok fait bande à part (on a l’habitude, c’est un solitaire) et Kali, Ilfémir et Vlandantag partent de leur côté.
A peine rentré avec mon camarade, on se fait agresser par une raie volante (y avait rien sur ça dans le dépliant !). Elle me pique et m’empoisonne, puis engourdit Escartille et lui fout la trouille. Pendant qu’il est occupé à fuir, je lui tranche une aile. Elle tente alors de m’envelopper, rate, me repique. J’ai la gibole qui fourmille !
Je finis par la tomber alors qu’Escartille revient.
Nous repartons à la recherche de souches de Khayolt et nous finissons assez facilement par trouver... deux mantes-obscures !
Je m’énerve et finit, non sans mal, par trancher la mienne. De son côté, Escartille se débarrasse de la sienne avec aussi peu de talent.
Deux pas de plus et surprise ! Encore ces bestioles qui tombent du plafond, nous sautent sur le crâne, se replient comme des parapluies sur nos visages. C’est la Nuit des Chapeaux Noirs cette aventure. Et je ne parle même pas de l’humidité des boyaux rocheux dans lequel on évolue.
Avec mon camarade, on galère un max. Escartille se fait sucer jusqu’à l’inconscience. Je finis par en faire de la dentelle et nous soigne grâce aux fioles que porte mon équipier.
Irrité, harassé, nous poursuivons plus loin et trouvons... des mantes-obscures ! On galère à mort (ou pas loin) contre ces rats crevés volants et continuons avec de moins en moins de conviction. Je songe à équiper les prochaines d’une mentonnière. Au moins je saurais pourquoi ces sales bestioles se fichent sur ma tête !
Fin limier nous dénichons des putains de @&*% chapeaux noirs volants qui finissent par nous avoir à l’usure à force de nous suçoter la couenne avec leurs immondes petites dents pointues ! On tombe dans les choux de concert.
Heureusement Vladantag, Kali et Ilfémir nous trouvent, attirés par le bruit de notre cueillette d’horreurs nocturnes et nous raniment.
Escartille dégouté prend le chemin de la sortie.
À la fois désabusé et blessé dans mon orgueil de guerrier, je décide de poursuivre avec mes camarades.
Grâce à ma présence et à mon expérience, nous trouvons presque immédiatement des mantes-obscures. On galère en groupe, je glisse sur les roches humides du sol. Ça m’achève et au terme de la bataille, je prends à mon tour la direction de la sortie. Je croise Ragnarok, la besace pleine de souches de Khayolt, qui s’en va rejoindre Kali, Vlandantag et Ilfémir. Ils poursuivent leur recherche et Ragnarok leur déniche le double de la ration demandée. Le plus dur étant de convaincre Ilfémir de ne pas utiliser contre les chapeaux-noirs une boule de feu de 900 m3 dans une mine bourrée de soufre !
Bref, on se rejoint à la sortie, rassemblons nos trouvailles et allons retrouver Fan’ Goria étonnée par notre récolte... de mantes-obscures !
Nos expéditions souterraines auront duré pas loin de 3h30.
Les prêtres accompagnant notre hôte elfique nous donne à chacun une potion de guérison des plus efficaces. Nous voilà rassérénés et nous partons dormir quelques heures.
Pendant ce temps, les shamans se barrent et s’en vont baliser une piste d'atterrissage avec des torches.
Puis les shamans entrent en transe et nous annoncent que l’Arpenteur des Vents, Lone Khernos, arrive.
Nous allons à sa rencontre le long du chemin précédemment balisé, en compagnie de Malator, son fils, Rhâvi et Karousco.
Une gondolfière tout en bois descend des cieux. Une échelle de corde nous est envoyée et nous montons dans l’étrange vaisseau volant.
On nous dirige vers le château à l’arrière du navire. Nous y pénétrons jusqu’à la cabine du capitaine. Les parois sont décorées de symboles représentant la ville de nos cauchemars.
Nous voici en face de Lone Khernos qui ordonne à ses hommes de larguer les amarres. Il a pas l’air frais pour un elfe et ça se confirme quand il part en délire à propos de libérer Oblivion et de retrouver une ancienne relique : la Clef des Songes.
Quand tout à coup, Karousco, le moine grassouillet, redécore  la cabine avec ses tripes et boyaux dans une explosion organique du meilleur effet pour laisser place à un Diable Osseux qui prend le capitaine à la gorge tout en l’invectivant.
La moitié du groupe prend son courage à deux mains et ses jambes à son coup. Je reste avec Malator, Escartille et Ragnarok.
Immédiatement on rentre gras dans le lard squelettique de l’immonde créature. Le machin à l’air couillu et bronche pas vraiment. Il implante violemment une gemme explosive dans le front de l’Arpenteur qui nous envoie sa lame obscure en nous ordonnant de nous barrer dare-dare. Alors que la gemme pulse de façon inquiétante, le démon harponne de sa queue Malator tout en invoquant un mur de glace circulaire de 2m d’épaisseur sur 6m de haut afin de s’isoler parce qu’avec Ragnarok on commençait à lui mettre gras. Escartille récupère la lame de l’elfe, tombée au sol.
Au même moment Kali, Ilfémir et Vlandantag qui courent paniqués sur le pont, voient le navire abordé par deux nefs des Cadavreux, dirigés respectivement par le Duc Montanera et le Baron Blême se comportant tels des créatures démoniaques !
À l’intérieur Ragnarok et votre serviteur s’attaquons au mur de glace sans grand succès quand nous arrive la faible voix de Khernos : «Fuyez pauvres fous !»
Je décide de l’écouter et fonce, Escartille et Ragnarok sur les talons, vers l’arrière de la cabine où Rhâvi Shandar, dans une terreur salutaire, à ouvert un espace dans la cloison à coup d’ongles et de dents. Au delà, un plabord et des hippogriffes reliées à la gondolfière par des cordages.
Je m’élance, me loupe et me retrouve accroché à un cordage. J’entreprends de ramper à la force des bras vers l’animal providentiel.
Rhâvi et le fils de Malator décollent.
Escartille se rate et se jette dans le vide contre sa volonté. Il s’éloigne rapidement du danger et se rapproche d’une mort certaine 100 mètres plus bas.
Ragnarok atteint son hippogriffe et le détache au moment où péniblement je grimpe sur le mien et où explose la bombe, envoyant espars et morceaux du bâtiment dans les airs.
Ragnarok file en flèche et en piquet dans un fol espoir de rattraper notre halfelin volant comme un caillou. Définitivement optimiste, je le suis à un jet de dès de retard.
Le sol, inexorablement, continue de se jeter vers notre ami et, malgré notre volonté opiniâtre, nos efforts et jets de dès seront voués à l’échec.
Dans le même temps, sur le bateau, entre échauffourées contre les Cadavreux et la boule de feu d’Ilfémir, nos compagnons se font finalement attaquer par la wyverne qui tracte la gondolfière.
Mais nos camarades luttant d’arrache-pied contre l’adversité et l’animal féroce finissent par lui faire mortellement entendre raison. Nous la croisons dans sa chute alors que nous rejoignons le corps d’Escartille et ramassons la lame de feu l’Arpenteur des Vents.
Puis nous remontons récupérer nos amis, en vol stationnaire sur les ruines de la gondol-plus-vraiment-fière.
Finalement Fan’ Goria nous rejoint et miracle ! utilise un sort de résurrection pour rendre la vie à notre marchand préféré. Après quoi elle nous exprime sa confiance en nous remettant le coffre de Lone Khernos.
Que contient ce coffre ? Quel est l'énigme de la Clef des Songes ? Arriverons nous à sauver Oblivion ? Kali arrivera-t-il à convertir une créature intelligente à Umlu ?

À SUIVRE.